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Le puits de carbone des forêts françaises s’essouffle, révèle l’inventaire de l’IGN

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La forêt française a longtemps été présentée comme une alliée précieuse dans la lutte contre le réchauffement climatique, grâce à sa capacité à absorber le CO₂ atmosphérique. Mais les derniers résultats de l’inventaire forestier national de l’IGN viennent nuancer ce tableau : le puits de carbone des forêts françaises s’essouffle nettement, sous l’effet conjugué des sécheresses répétées et de la multiplication des crises sanitaires.

Un ralentissement marqué de l’absorption de CO₂

Selon les données publiées par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), les forêts métropolitaines ont séquestré en moyenne 39 millions de tonnes de CO₂ par an sur la période 2015-2023, contre 63 millions de tonnes par an sur 2005-2013. Ce recul de près de 40 % illustre à quel point le climat qui se dérègle pèse déjà sur la capacité naturelle du pays à compenser une partie de ses émissions.

Certaines régions sont même passées dans le rouge : les forêts du Nord-Est de la France affichent désormais un bilan carbone négatif, leurs stocks de carbone reculant plus vite qu’ils ne se reconstituent.

Des arbres de plus en plus fragilisés

L’inventaire national dresse un constat préoccupant sur l’état sanitaire des peuplements. Près de 8 % des arbres présentent aujourd’hui un état dégradé ou un dépérissement visible, une proportion en hausse continue depuis le début de ce type de suivi. Le Grand-Est et les massifs montagneux concentrent les taux les plus élevés d’arbres altérés.

  • Mortalité des arbres en hausse de 125 % en dix ans
  • Attaques pathogènes en progression de 175 % depuis 2015
  • Frêne, châtaignier, chêne pédonculé et épicéa commun parmi les essences les plus fragilisées

Ces chiffres traduisent l’effet cumulé des sécheresses successives, qui affaiblissent les défenses naturelles des arbres et les rendent plus vulnérables aux insectes ravageurs et aux champignons pathogènes.

Une forêt qui s’étend mais se fragilise

Paradoxe apparent : la surface forestière continue de progresser. Elle couvre désormais 17,6 millions d’hectares, soit près d’un tiers du territoire métropolitain et de la Corse. Le stock total de carbone atteint 1 350 millions de tonnes, et chaque hectare de forêt en contient désormais 82 tonnes en moyenne, contre 73 tonnes en 2009 — une progression de 21 % en quinze ans.

Mais cette extension géographique ne doit pas masquer la fragilité croissante des écosystèmes forestiers. Les experts de l’IGN rappellent qu’une forêt ne peut pas être un puits de carbone infini : au-delà d’un certain seuil de stress climatique, elle risque de devenir elle-même une source d’émissions, lorsque les arbres morts se décomposent ou brûlent.

Pourquoi cela concerne tous les Français

La forêt joue un rôle central dans la stratégie nationale bas-carbone, censée aider la France à tenir ses engagements climatiques. Un ralentissement de sa capacité d’absorption oblige à revoir les marges de manœuvre disponibles pour compenser les émissions des autres secteurs, qu’il s’agisse des transports, de l’industrie ou du bâtiment. Il rappelle aussi que la gestion forestière — diversification des essences, adaptation aux sécheresses, surveillance sanitaire — devient un enjeu aussi stratégique que la seule préservation des surfaces boisées.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un puits de carbone forestier ?

C’est la capacité d’une forêt à absorber plus de CO₂ qu’elle n’en émet, grâce à la croissance des arbres et au stockage du carbone dans le bois, les sols et la végétation.

Pourquoi le puits de carbone des forêts françaises diminue-t-il ?

Principalement en raison des sécheresses répétées et de la multiplication des crises sanitaires (insectes, champignons), qui fragilisent les arbres et augmentent leur mortalité.

La surface forestière française diminue-t-elle aussi ?

Non, elle continue de progresser légèrement pour atteindre 17,6 millions d’hectares, mais cette extension ne compense pas la perte de vitalité des peuplements existants.

Pour aller plus loin, retrouvez nos analyses dans la rubrique Science et Technologie, ou suivez l’actualité générale dans Actualités Nationales. Les amateurs de grands espaces naturels peuvent aussi consulter notre rubrique Voyage – Tourisme.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Nicolas Bernier
Nicolas Bernier
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