Sous un hangar en bois de neuf mètres de haut niché dans la forêt de Floirac, en Gironde, une expérimentation forestière sécheresse grandeur nature est en cours depuis plusieurs années : un toit amovible prive volontairement des pins maritimes d’une partie de la pluie pour simuler, dès aujourd’hui, le climat que la région pourrait connaître à la fin du siècle. Portée par l’Office national des forêts (ONF), l’Université de Bordeaux et l’INRAE, cette étude prend une résonance particulière après un été 2026 marqué par plusieurs vagues de canicule et une sécheresse touchant la quasi-totalité des départements français.
Un dispositif hors norme installé aux portes de Bordeaux
Le site expérimental se trouve sur le terrain de l’ancien observatoire astronomique de Floirac, à quelques kilomètres du centre de Bordeaux. Environ 336 pins maritimes, issus de provenances variées (Espagne, Portugal, dunes du littoral atlantique) et incluant des variétés génétiquement améliorées, y ont été plantés puis placés sous une structure capable de réduire les précipitations de 30 à 60 % grâce à un toit mobile installé au-dessus de la canopée. L’objectif : reproduire artificiellement, sans attendre plusieurs décennies, les conditions hydriques attendues pour la fin du XXIe siècle dans le Sud-Ouest.
- Structure : hangar en bois de 9 mètres de hauteur à toit amovible
- Essence étudiée : le pin maritime, pilier économique de la forêt landaise
- Réduction des pluies simulée : 30 à 60 % selon les parcelles
- Durée prévue du suivi scientifique : une dizaine d’années
Les chercheurs mesurent en continu la teneur en eau du sol, l’évaporation ainsi que le fonctionnement hydraulique et la transpiration des arbres. Ces données doivent permettre de comprendre à quel point les pins maritimes, déjà éprouvés par les sécheresses successives de ces dernières années, pourront encaisser un climat durablement plus sec et plus chaud.
Anticiper la gestion des forêts de production
Le massif forestier des Landes de Gascogne, plus grande forêt cultivée d’Europe occidentale, repose presque entièrement sur le pin maritime. Une fragilisation durable de cette essence aurait des conséquences directes sur toute une filière économique régionale, du sciage à la pâte à papier. C’est pourquoi le projet associe, aux côtés des scientifiques, des partenaires institutionnels et professionnels comme la Région Nouvelle-Aquitaine et l’interprofession France Bois Forêt, directement concernés par la viabilité économique de la ressource bois dans les décennies à venir.
Une extension du dispositif est déjà programmée : environ 400 chênes doivent être plantés sur le même site afin de comparer la résistance des essences forestières face au manque d’eau, en confrontant des espèces tempérées à des variétés plus méditerranéennes, potentiellement mieux armées pour l’avenir climatique de la région.
Des enseignements qui dépassent le seul massif landais
Au-delà de la sylviculture professionnelle, les résultats attendus doivent nourrir des recommandations plus larges sur l’adaptation des arbres et espaces verts à un climat plus sec, un enjeu qui concerne aussi bien les forêts publiques que les jardins particuliers ou les alignements d’arbres en ville. Ce type de plateforme expérimentale s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche appliquée sur le changement climatique, à l’heure où plusieurs instituts scientifiques multiplient les protocoles de terrain pour anticiper, plutôt que subir, les prochaines décennies de réchauffement.
Les premiers résultats partiels, encore provisoires, suggèrent que certaines variétés génétiquement améliorées de pin maritime résistent globalement aussi bien que les populations locales historiques face au stress hydrique, un signal jugé encourageant par les responsables du projet, sans pour autant lever toutes les inquiétudes sur le long terme.
Questions fréquentes
Où se situe cette expérimentation sur la sécheresse des forêts ?
Le dispositif est installé à Floirac, en Gironde, sur le terrain de l’ancien observatoire astronomique de Bordeaux, au cœur d’une parcelle plantée de pins maritimes.
Comment le climat futur est-il simulé sans attendre des décennies ?
Un toit amovible installé au-dessus de la canopée intercepte une partie des pluies, réduisant artificiellement les précipitations reçues par les arbres de 30 à 60 % selon les zones du dispositif.
Pourquoi le pin maritime est-il particulièrement étudié ?
Il constitue l’essence dominante du massif forestier des Landes de Gascogne, une ressource économique majeure pour la filière bois du Sud-Ouest, ce qui rend sa résilience face à la sécheresse stratégique pour toute la région.
Sources
Office national des forêts (ONF) —
INRAE —
Orange Actu
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
