À près de 2 900 kilomètres sous nos pieds, à la frontière entre le manteau et le noyau terrestre, des chercheurs viennent de repérer six structures mystérieuses jusque-là invisibles. Leur détection ne doit rien au hasard : elle est le fruit d’une intelligence artificielle capable de trier des millions d’enregistrements sismiques accumulés depuis des décennies.
Une IA qui écoute la Terre trembler
Pour sonder les profondeurs de la planète, les scientifiques n’ont pas de sonde à y envoyer : ils s’appuient sur les ondes sismiques générées par les séismes, qui traversent le globe et se déforment selon la matière qu’elles rencontrent. L’équipe à l’origine de cette découverte a entraîné un système de deep learning à repérer un signal particulièrement discret, les « précurseurs PKP », de minuscules ondes qui arrivent quelques secondes avant les ondes sismiques principales et trahissent des anomalies à la frontière noyau-manteau.
En analysant plus de deux millions d’enregistrements, l’algorithme a isolé près de 175 000 de ces signaux précurseurs, une masse de données qu’aucune équipe humaine n’aurait pu dépouiller à la main. Résultat : l’apparition de six vastes bandes d’anomalies, sous l’Atlantique Nord, le nord de l’Eurasie, l’Atlantique Sud, l’Afrique australe, le Pacifique et la région antarctique.
Que sont ces zones et pourquoi comptent-elles ?
Ces régions correspondent à ce que les géophysiciens appellent des zones à très faible vitesse sismique : les ondes y ralentissent nettement, signe d’une matière différente du reste du manteau profond. Jusqu’ici, ces zones n’apparaissaient que sous forme de taches isolées et éparses sur les cartes. La nouvelle étude les relie en bandes continues, beaucoup plus étendues qu’on ne le pensait.
Selon les auteurs, ces structures résulteraient d’un mélange de plusieurs phénomènes accumulés sur des centaines de millions d’années : d’anciennes plaques tectoniques englouties par subduction, une ségrégation chimique entre matériaux de densités différentes, et des zones de fusion localisée à très haute température. Une carte complémentaire évoque même un relief caché fait de larges reliefs aplatis, culminant à plusieurs dizaines de kilomètres de hauteur sur la frontière du noyau.
Ce que cette découverte change concrètement
- Elle offre de nouvelles cibles précises pour l’exploration future de l’intérieur profond de la Terre, un domaine où l’observation directe reste impossible.
- Elle relie ces structures aux zones volcaniques actives en surface, certains points chauds pouvant trouver leur origine tout en bas, à la frontière du noyau.
- Elle illustre la manière dont l’intelligence artificielle transforme les grands programmes de recherche internationaux, en révélant des signaux trop faibles ou trop nombreux pour une analyse humaine classique.
- Elle rappelle que la connaissance de notre propre planète progresse encore, au même rythme que celle de phénomènes plus lointains comme l’étoile la plus rapide jamais observée dans notre galaxie.
Cette avancée s’inscrit dans une dynamique plus large de grands projets scientifiques mondiaux, au même titre que le record mondial de l’aimant supraconducteur d’ITER : dans les deux cas, ce sont des années de collecte de données et des outils technologiques de pointe qui permettent de percer des secrets jusque-là inaccessibles.
Questions fréquentes
Où se trouvent exactement ces six structures ?
Elles se situent à la frontière entre le noyau et le manteau terrestre, à environ 2 900 kilomètres de profondeur, sous l’Atlantique Nord, le nord de l’Eurasie, l’Atlantique Sud, l’Afrique australe, le Pacifique et la région antarctique.
Comment les chercheurs ont-ils pu les détecter sans y aller ?
En analysant, grâce à une intelligence artificielle, de très faibles ondes sismiques appelées précurseurs PKP, présentes dans plus de deux millions d’enregistrements de séismes survenus dans le monde entier.
Ces structures présentent-elles un danger ?
Non, aucun risque direct n’est associé à ces zones pour la surface. Leur intérêt est avant tout scientifique : elles renseignent sur la composition et l’histoire profonde de la planète.
Sources
Futura Sciences —
Phys.org —
Yahoo News
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
